Mercredi 11 novembre 2009
3
11
/11
/2009
17:47
ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 11 NOVEMBRE 2009
Peu de temps avant que la crise n’éclate, le Premier ministre avait déclaré, lors d’un déplacement en Corse, qu’il était à la tête d’un État en faillite. À
l’époque, le déficit budgétaire s’élevait à 50 milliards d’euros. Avec la crise et les aides apportées essentiellement aux banques et aux entreprises, le déficit s’élève à 121 milliards d’euros.
Et le Premier ministre d’annoncer la semaine dernière, dans une interview au Monde, que dès 2010 il allait engager un programme de réduction du déficit budgétaire de 1% par an jusqu’en 2014, pour
passer en cinq ans de 8% à 3% de déficit afin de respecter les critères de Maastricht. Ce qui signifie la mise en place dès 2010 d’un programme pluriannuel d’austérité qui touchera les services
publics et les droits sociaux, dont la maladie et la retraite.
Cela est tout simplement inacceptable. On augmente le déficit pour réparer les dégâts des capitalistes; ensuite, on serre la vis
aux travailleurs et au peuple. Ce serait intolérable et remettrait en cause le pacte social républicain.
Et ce d’autant plus que, depuis plusieurs années, l’État s’est privé de dizaines de milliards d’euros de recettes fiscales par des allègements d’impôts pour les
entreprises et les plus aisés.
Par exemple, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale vient d’expliquer que les allègements fiscaux sur les plus-values à long terme sur
les cessions de titres ont coûté en deux ans 20 milliards d’euros de recettes en moins de l’impôt sur les sociétés! Cela fait des mois que nous expliquons que, si la crise est dure, la sortie de
récession risque encore d’être plus dure. Si tel est le cas, elle sera nécessairement conflictuelle. Et Force Ouvrière prendra toutes ses responsabilités, comme nous l’avons toujours
fait.
C’est aussi le cas sur d’autres dossiers importants, comme celui de la représentativité syndicale issue de la position commune CGT-CFDT-MEDEF-CGPME et de la loi du
20 août 2008. Depuis le début, nous expliquons que cette loi est une atteinte à la liberté syndicale et à la liberté de négociation, que son seul but est de supprimer des syndicats.
À l’initiative de l’Union départementale FO du Finistère, appuyée par la Confédération, le tribunal d’instance de Brest a confirmé une partie de nos analyses en
déclarant légale la désignation d’un délégué syndical, alors que la liste FO avait fait plus de 10% dans un collège mais pas dans l’ensemble des collèges.
Bien entendu – ce qui est révélateur –, la CFDT et le ministère du Travail veulent aller devant la Cour de cassation.
Fidèles à nos conceptions, nous continuerons à la fois à contester le dispositif représentativité à travers une «guérilla juridique», mais aussi par des recours sur le fond. Car on ne joue pas
avec la liberté.
Derniers Commentaires